Ploc - spectacle - Théâtre pour 2 mains

 

Ploc

Marionnettes

LE SUJET

L’eau. La célèbre eau. Sans laquelle la vie n’est pas possible. On peut survivre un certain temps sans manger mais sans eau ? Davantage qu’une nourriture, l’eau est notre écriture intime, elle nous constitue (65%), discrète, élégante, sans se laisser voir, comme elle constitue notre environnement dans des proportions fort semblables (70%), mais cette fois de façon monumentale, la planète sur laquelle nous vivons. Il est sans doute vraisemblable que la vie soit sortie des océans il y a 400 millions d’années, comme elle sort chez les mammifères du ventre aquatique de la mère et que nous en portions aujourd’hui le fabuleux souvenir, comme un gros livre de mémoire… L’eau est dedans, elle est dehors : nous en sommes les récipients, tout autant que les voyageurs, transportant et transportés, habitants et habités, joyeusement imbibés !

La période que nous vivons – appelée Anthropocène par les scientifiques grâce à l’action concertée de l’homme vis-à-vis de son environnement -  est sans aucun doute la plus rapide qui ait jamais existé concernant la modification du climat et des conséquences qui en découlent. Ce qui se passe naturellement sur une échelle géologique est en train de se concrétiser  sur quelques dizaines d’années seulement. La grosse accélération ! La température du globe se réchauffe,  la banquise et les glaciers fondent, la montée des eaux est déjà effective, exilant les habitants des zones sensibles… (à la joie cependant des financiers qui exploitent de nouvelles routes maritimes à travers le pôle nord…) Quelques avantages, si l’on veut, pour beaucoup de catastrophes à venir.

L’histoire de l’eau que nous voulons raconter est celle de notre temps, celle que nous buvons et qui nous lave, mais une eau qui s’affole un peu et qui redistribue les terres selon des enjeux qui ne seront pas en faveur des populations. Cette chose si naturelle, abondante, divine, qui a permis la vie sur terre – que l’on espère sur d’autres planètes ! -  va-t-elle  devenir une menace réelle ? Une nouvelle monnaie d’échange ? Que va devenir l’eau ? Va-t-elle faire bouillir notre sang ?

L’ÉCRITURE

L’idée ici était de faire appel à un auteur pour écrire une histoire sans parole. Ou plutôt de déployer un langage qui serait la parole de l’eau. Le vocabulaire de l’eau. Sa force, ses joies, ses furies, ses silences, ses écoulements, ses musiques, ses vibrations. Une sorte de langage organique dans lequel le sens et la dramaturgie progresseraient avant tout par les situations, les événements, les actes, les métaphores, et surtout bien sûr, la poésie.

Alors les mots ont été laissés de côté et assez naturellement l’écriture s’est faite par le dessin. Comme une BD sans parole. Comme si le muscle de l’eau appelait le muscle de l’enfance, plus simple, plus direct. Et ainsi de dessin en dessin, comme une embarcation poussée par le cerveau de la main, le voyage de l’écriture a-t-il creusé son lit.

L’HISTOIRE

Face à la puissance de l’eau, il y a le héros. Il fallait bien ça. C’est le représentant de l’humanité. Personnage simple avec un mode de vie simple, habitant une petite maison sur une colline, il sera aux premières loges. Un matin, l’eau arrive au pied de la colline, sur son seuil et c’est là que tout commence. Bientôt obligé de déménager, de suivre le courant en quelque sorte - et d’une certaine façon de repousser les limites du réel - il voyagera sur sa propre maison retournée devenue embarcation (le monde à l’envers) ; il croisera des robinets devenus dérisoires et furieux, un vol d’arrosoirs en route pour ailleurs, un navire parapluie digne et fantomatique, des phares errants, une mer de bouteilles remplies de messages (internationaux), avant d’arriver sur « l’île météo », de perdre définitivement sa maison et de survivre à une tempête là où d’autres n’ont pas eu cette chance, trop nombreux sur leur esquif…Et quand il semblera que ce soit la fin, lui seul flottant sur l’eau, faisant la planche, quelque chose arrivera, un autre personnage (elle, perchée sur une échelle), qui le sauvera et à deux ils trouveront les ressources nécessaires – repoussant plus fort les limites du réel -  pour continuer cet hallucinant voyage et peut-être, oui, trouver un peu de tranquillité et d’espoir…Happy end, s’il vous plaît !

A l’instar de l’écriture qui s’est passée des mots, très peu de paroles dans ce voyage. Plutôt l’univers des bruits, des sons, des onomatopées, des musiques, des vibrations, excepté lors de la rencontre des deux personnages, où le langage reviendra, comme le symbole de la vie qui reprend des forces dans un monde transfiguré.

PRÉVISIONS

C’est la troisième collaboration artistique entre Pascal Vergnault (Metteur en scène, comédien) et Jean Cagnard (écrivain). Davantage qu’une commande à un auteur, il en a été cette fois d’une écriture conjointe, romanesque, dramaturgique et poétique, mêlant dès le départ l’expérience du plateau, les univers de la marionnette et la matière de l’eau.

Toujours attentifs, les deux partenaires ont fait en sorte de ne pas oublier leur sens de l’humour, moteur de la tragédie !

MUSIQUE

En dehors de la propre musique de l’eau, variable selon ses états, la partition d’un musicien, sous forme de concerto, semblerait être judicieuse. A ce jour, la guitare électrique, par ses possibilités  mélodiques mais aussi archaïques et sensuelles, nous séduit particulièrement.

3
ANS
?
MN

Distribution

Direction artistique, jeu et marionnettes
Pascal Vergnault
Texte
Jean Cagnard
Création video
Christoph Guillermet

 

En cours